Laure Manaudou : « Je suis soulagée »

 
Souriante et décontractée, Laure Manaudou s’est prêtée de bonne grâce au jeu des questions réponses hier matin. La triple championne du monde semble avoir trouvé un certain équilibre et une nouvelle motivation.

Laure Manaudou était rayonnante, hier en fin de matinée, lorsqu’elle est sortie du bassin olympique de l’Illberg. « Il y a du monde », a-t-elle commenté en souriant devant la meute de journalistes massés autour d’elle. « Je n’ai pas toujours été très sympa avec les médias, mais je crois que tout le monde est content de me voir souriante... » Ses premières impressions ? « Très bonnes », même si elle a un peu souffert de l’épaule. « Mais j’ai fait en sorte d’avoir un peu moins mal », souligne-t-elle, précisant que cette douleur ne l’inquiète pas trop. « D’après les radios, il n’y a pas grand-chose... J’espère que ça va passer », poursuit-elle, qui se sent déjà - presque - comme chez elle à Mulhouse, où elle est arrivée mercredi soir.

« Je ne partais pas dans l’inconnu. J’ai déjà nagé ici, il y a deux ans, lors de la Vittel Cup. J’aime bien la piscine. En plus l’eau est chaude ! Avoir un bassin de 50 m pour s’entraîner, c’est super important. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui m’ont poussée à venir là. » Et les autres ? Son copain, Ben Stasiulis, nageur du MON ? La jeune femme esquive. « Sa présence me motive, bien sûr. Mais ça ne vous regarde pas ! » Elle se montre en revanche plus loquace sur Lionel Horter (en photo), son nouvel entraîneur. « Je me suis renseignée avant de venir ici », s’amuse-t-elle gaiement. « C’est primordial de connaître le passé de celui qui va s’occuper de vous. Je suis donc au courant de ce qu’il a fait. Et puis il y a beaucoup de nageurs mulhousiens qui sont en équipe de France... Avec Lionel, nous allons apprendre à nous connaître et notre relation va se mettre en place petit à petit. » Une comparaison avec Philippe Lucas, son mentor ? « Je ne pense pas qu’on puisse comparer. Philippe était beaucoup plus qu’un entraîneur pour moi ! » Et avec Nicolas, son frère ? « Là aussi, c’était particulier », résume la triple championne olympique, qui au passage tient à rappeler qu’elle ne regrette pas son passage de quatre mois à Ambérieu-en-Bugey. « Sans mes proches, qui étaient là-bas, je pense que je serais tombée très bas. J’avais besoin d’être avec eux, c’était important pour moi, afin de retrouver une certaine sérénité et de repartir à zéro. Retourner chez moi était un passage obligé. »

« J’ai trouvé la bonne personne »

« Je ne remets pas en cause les entraînements de mon frère, d’ailleurs j’ai battu un record d’Europe avec lui - au 200 m nage libre en petit bassin en 1’53’’48 », ajoute-t-elle avant de revenir sur son départ de l’Ain. « J’appréhendais un peu de l’annoncer à mes parents mais ils me comprennent et cela n’a pas été trop difficile, d’autant que Didier - Poulmaire, son avocat - était là pour mettre en place un certain nombre de choses... C’est mon père qui a appris la nouvelle à mon frère, qui l’a super mal pris, c’est normal. J’espère que ça ira mieux avec le temps ». Ces changements d’entraîneur en un temps limité ne sont-ils pas trop perturbants ? Apparemment non. « Cela fait peut-être beaucoup, mais en même temps, si je ne trouve pas la bonne personne, ce n’est pas la peine de continuer. Je ne vais pas rester avec quelqu’un si je ne m’entends pas avec. Maintenant, je pense que j’ai trouvé. » Quoi qu’il se soit passé ces derniers temps, Laure Manaudou semble plus motivée que jamais. « Je suis ici pour travailler. Ça ne me dérange pas de nager plusieurs kilomètres par jour. D’autant que ça passe vraiment vite quand on est dans un groupe. J’ai besoin de gens autour de moi, qui s’entraînent tous les jours avec moi... », remarque la nageuse, qui ne sait pas encore exactement sur quelles courses elle va s’aligner. « Le 200 m nage libre, le 400 crawl et le 100 m dos, peut-être le 800 m nage libre, cela dépendra de mes entraînements et de mes envies », résume celle qui dit « rester Lyonnaise » même si elle habite désormais à Mulhouse. À sept mois des JO, justement, où en est-elle ? « J’ai peut-être pris un peu de retard à cause de mon épaule. Mais je vais travailler. Et ça va aller tout seul. Je suis soulagée d’être ici. Parce que je suis là pour gagner les JO : c’est la seule chose qui m’importe. »

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Marc Wilb. L'Alsace du 25 janvier 2008. Photo Mathieu Lerch.
 
 
     
   
   
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