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Jean-Marie Bockel : « Pas de choix »
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Jean-Marie Bockel, le
maire de Mulhouse, est descendu hier midi dans
l’arène sportive, conscient que l’heure du renouveau
devait sonner.
C’est un événement. Jean-Marie Bockel, le maire de Mulhouse, ne s’exprime que rarement sur le sport mulhousien, laissant toujours son adjoint Jean-Pierre Walter monter au front. Conscient des enjeux, des difficultés actuelles, il s’est exprimé sur le sujet hier midi durant plus d’une heure. Entretien.
Jean-Marie Bockel, le sport mulhousien de haut niveau, mis à part le volley-ball féminin et la natation, connaît une période très difficile. Cela vous inquiète-t-il ?
Cela m’inquiète, même si ce n’est pas une tendance
lourde. Mulhouse a déjà connu cela par le passé.
Sauf à dériver dans une frénésie financière, la
Ville doit demeurer raisonnable, avec un soutien
honorable, honnête, ce qui est le cas actuellement.
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Aujourd’hui, il y a un creux sportif, mais cela ne dépend pas de nous. Dans les années 80, j’ai été échaudé par les interventions trop importantes, cela a éclairé mon expérience. Si aujourd’hui le temps semble long, je ne dis pas que le football ne reviendra pas au plus haut niveau, il a un ancrage historique. J’ai été très attentif aux derniers développements du basket et choisi la bonne manière de faire. Tout peut repartir. Je n’oublie pas davantage l’enthousiasme que peuvent créer les Scorpions. J’estime que toutes les conditions sont réunies pour que cela reparte.
N’y aurait-il pas aujourd’hui un choix à effectuer ?
Vous trouverez toujours des gens qui voudraient que nous aidions davantage, que nous fassions des choix. Je connais la ville. Mulhouse est historiquement et sociologiquement une ville de football. Le basket a aussi eu son rayonnement, avec un fort engouement. Je ne serai pas le maire qui fera le choix entre ces deux sports. Et je n’enlève rien aux autres.
Depuis 20 ans, les crises financières se sont succédées. C’est encore le cas actuellement. N’en êtes-vous pas agacé ?
Le mot est faible ! Il y a eu des années fric avec le « sport-fric ». Cela a été une époque. Nous aussi avons été confrontés à cette situation, nous avons essayé de passer le cap le mieux possible. Aujourd’hui, Mulhouse connaît plus de difficultés qu’ailleurs en ce qui concerne les partenaires privés. Est-ce lié à la conjoncture étale ? Aux mentalités ? Peut-être faudra-t-il avoir demain une stratégie, avoir une réflexion pour être plus attractif. Sur le long terme, il faudra avoir une certaine rigueur.
Comment pourriez-vous en être assuré ?
Chacun voit midi à sa porte, mais le monde bouge à toute vitesse. Si on ne veut pas être accusé d’injustice, de partialité ou de subjectivité, il faut aller plus loin dans la démarche de contractualisation. Il faudra garantir une bonne gestion des subventions, avoir un contrôle avant les problèmes, inciter à la dimension citoyenne, mutualiser les moyens entre les clubs, avoir une politique de formation dans tous les clubs. Financièrement, nous ne pouvons pas être la variable d’ajustement. À terme, c’est payant, la relation à l’argent sera plus saine. Après la pluie arrivera le beau temps. Je ne suis donc pas pessimiste.
Le sport de haut niveau ne devrait-il pas être demain une compétence de la communauté d’agglomération ?
Le problème est que la CAMSA ne recouvre qu’une partie de l’agglomération réelle. On ne peut pas lui demander l’impossible. Le jour où l’agglomération sera complète, où il y aura un consensus, il serait logique que ses élus décident de s’engager avec le département et la région pour franchir une nouvelle étape.
À plus basse échelle, le football mulhousien est aujourd’hui en crise, avec les Coteaux et la Jeunesse sportive. Comment réagissez-vous ?
Nous sommes confrontés à une dégradation des comportements, qui est une réalité du monde d’aujourd’hui. Il faut soutenir les initiatives en matière de sécurité, de prévention, de formation des cadres, l’aspect matériel. La génération de dirigeants a aussi du mal à se renouveler. Nous devons accompagner de manière diplomatique les regroupements de clubs, faire émerger des bonnes volontés pour permettre aux clubs de retrouver une vitalité perdue.
Propos recueillispar Marc Wilb - L'Alsace - Vendredi 14 décembre
2007
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