Graines de champions

 

A Mulhouse, la dynamique sportive se mesure aussi par la qualité de la formation offerte aux jeunes, y compris les tout-petits. Football, hockey, volley, natation, judo, canoë-kayak... sont proposés aux enfants par les clubs à travers leurs écoles du sport. Ambiance aux bords des terrains, bassins et autres tatamis...

Ils sont hauts comme trois pommes mais leurs idoles sont déjà plus à chercher du côté des Ribéry, Henry, Leveaux, Richardson que des supers héros du petit ou du grand écran. « Ils », ce sont les bambins qui font leurs premiers pas dans les écoles du sport des clubs mulhousiens. Et ce ne sont pas les opportunités qui manquent : Mulhouse compte 200 clubs pour quelque 80 disciplines. 6 700 jeunes de moins de 18 ans y sont officiellement licenciés. Parmi les clubs phare au vu de leurs effectifs de jeunes pratiquants, le Mulhouse Olympic Natation (568 licenciés), le Rugby Club de Mulhouse (284) et le FCM Basket filles et garçons (272).Viennent ensuite les clubs de football à l’image du Football Club de Mulhouse (260), du FC Dornach (197 jeunes) et du Racing Club de Mulhouse (177).


Comme tous les mercredis après-midi, les 30 débutants (6-8 ans) du FCM se retrouvent sur le terrain sous la houlette d’Anatole Stachorsky. « On leur apprend, notamment en première année, le b.a.-ba du football par le jeu. La vraie compétition, ce sera pour plus tard. L’apprentissage est progressif et l’important est d’amener l’enfant à prendre du plaisir et à avoir confiance en lui. Après, certains enfants vont développer des aptitudes pour aller plus loin. Au-delà de l’aspect sportif, jouer en club apprend certaines valeurs, comme le vivre en communauté, transférables dans la vie de tous les jours. » Et Hakim Aïbeche, entraîneur adjoint de l’équipe première et responsable de la formation, de confirmer : « L’école de football, qui regroupe les débutants, poussins et benjamins, est le socle du club, son avenir. En formant des joueurs dès leur plus jeune âge, on crée aussi une identité. Avec l’équipe dirigeante en place depuis le début de saison, on s’attache à donner une nouvelle dynamique de formation, une cohérence...»

Apprentissage par le jeu

A quelques mètres de là, un autre rectangle mais de glace cette fois et toujours des enfants. L’Association pour le développement du hockey mulhousien dispense chaque mercredi ses cours à la patinoire, dans le cadre de son école de glace, aux petits dès 4 ans. Casque vissé sur la tête, crosse, patins…, c’est parti pour une séance d’une heure. « A travers différents ateliers, on leur apprend par le jeu à se déplacer, tomber, tenir la crosse, manier le palet et, bien sûr, patiner », souligne Fatima Robert, responsable de l’école avec Mathieu Kubler. « Du fait de leur centre de gravité bas et moyennant un entraînement régulier, les enfants progressent très vite. » A l’instar d’autres disciplines sportives, ce sont les parents qui proposent et les enfants qui disposent. C’est le cas de Marine, 15 ans, gardienne de but : « C’est en suivant mon père, lors de l’épopée de la ligue Magnus des Scorpions, que je suis arrivée au hockey. J’ai fait toutes mes classes ici : l’ambiance et le côté physique m’ont toujours plu dans ce sport. Dans les équipes jeunes, filles et garçons peuvent jouer ensemble. » Réputé onéreux, le hockey l’est-il vraiment ? « Pas plus que ça, selon Fatima Robert. On peut s’équiper de la tête aux pieds pour 300 euros avec du neuf et à partir de 100 euros sur le marché de l’occasion. Nous proposons une bourse en début de saison, on offre aussi trois séances d’essai gratuites et la licence lors de la première inscription. »

Les dividendes des bons résultats des équipes premières

Autre club mulhousien attractif surfant sur la vague de ses excellents résultats en championnat de France et de ses participations en Ligue des champions : les féminines de l’ASPTT Volley. Un club qui ne se résume pas à la vitrine de l’équipe première. Destiné aux 4-8 ans, le baby volley regroupe ainsi chaque mercredi neuf débutantes et deux… débutants. Etrange pour une équipe féminine ? « Pour les premières années, on est ouvert à tout le monde, répond l’entraîneur, Christophe Magail. Notre école de volley est relativement récente et a pour ambition de grandir encore. Nous tirons les dividendes des bons résultats de ces dernières années. La médiatisation a joué à plein : on vient souvent chez nous pour faire comme les grandes…» Mais à son rythme et sans pression. « Durant les premières années d’apprentissage, on fait des choses simples en privilégiant les activités ludiques. Ce n’est qu’en poussins (9-10 ans) qu’on commence à jouer au volley. » Au côté des clubs collectifs de haut niveau, Mulhouse peut aussi compter sur les forces vives des nombreux clubs de proximité aux quatre coins de la ville, à l’image du Handball club Brustlein. Lancée en 2007, l’école de hand compte aujourd’hui 24 licenciés de 4 à 8 ans. « Tous les enfants viennent du quartier. Ils sont un vrai gage d’avenir pour notre club, explique son président, Manuel Contreras. On a la chance de compter de nombreux parents qui s’investissent pour leurs enfants et du même coup dans la vie du club. » Et comme bien souvent pour les clubs de proximité, les meilleurs jeunes sont dans l’oeil des recruteurs des clubs de haut niveau. « C’est une fierté pour tout le club, une manière de reconnaître notre travail », glisse Manuel Contreras.

Une école de vie

Si l’effervescence existe dans les sports collectifs, elle est palpable également dans les sports individuels. Ouverte aux enfants dès 3 ans, l’école de natation du Mulhouse Olympic Natation compte 250 licenciés. Ce lundi en fin d’après-midi, les bambins de la mini-natation s’entraînent à quelques mètres d’Amaury Leveaux, poids lourd de la natation française. Des petits nageurs que le champion s’empressera de saluer de la main, sourire aux lèvres, au moment de quitter le bassin. Une anecdote qui en dit long sur la politique du club. « On a inscrit nos enfants au MON pour la qualité de la structure et de l’encadrement. Les grands noms contribuent à l’attractivité du club », reconnaît une maman. Caroline Kolb, coordinatrice de l’école de natation, fixe les objectifs : « Notre école est ouverte à tous sans base préalable. On apprend aux enfants les 4 nages : papillon, brasse, crawl, en commençant par le dos. » Laurent Horter, président du club, acquiesce : « J’ai créé l’école en 1965 avec mon épouse Marie-Octavie suite à un séjour à Los Angeles. J’ai importé la méthode, révolutionnaire à l’époque. » Depuis, la renommée de l’école du MON n’est plus à faire : les frères Horter, les soeurs Wirth, Roxana Maracineanu… y ont fait leurs gammes. « Nous formons de 20 à 30 jeunes chaque année pour la compétition et tous ceux qui sont passés chez nous sont de très bons nageurs, certifie Laurent Horter. La natation est une école de vie demandant travail, performance, courage, volonté… »

La compétition, souvent une suite logique

Autre club dont la pratique est possible très tôt, le tennis de table dispensé par le Mulhouse Tennis de Table à travers son école de baby ping pour les 3-9 ans. Petit échauffement, grands éclats de rire puis chut : l’heure est à la concentration quand Norbert Desquiens, chargé entre autres du pôle formation des jeunes, prend la parole. « On compte une quinzaine de jeunes joueurs. L’avantage, c’est qu’avec nos tables évolutives et nos raquettes adaptées à leur taille, les enfants sont rapidement mis en situation de jeu… Au-delà des fondamentaux techniques que sont les services, les revers et les échanges, le tennis de table à un côté très mental et demande de la concentration. Pour ce qui est de la compétition, il n’y a aucune obligation… » Voeu du MTT basé au gymnase Brustlein : recruter plus d’enfants du quartier. « Notre discipline manque de médiatisation et beaucoup pensent que le tennis de table n’est pas pour eux. Nous sommes une école ouverte à tous. »

Une philosophie partagée par l’Espérance 93 Judo et son école de baby judo pour les 6-9 ans, encadrée par Hugues Loux, directeur technique et membre fondateur de cette section créée il y a 22 ans. « Je leur apprends les bases : les chutes, les bons mouvements pour accéder au liseret jaune, puis à la première ceinture, blanche. Il n’y a pas de compétition avant la catégorie benjamins (11 ans) mais des animations. »

Implantée en bordure du canal du Rhône au Rhin, l’AS Cheminots Mulhouse forme quant à elle des générations de kayakistes. Avec une différence notable au regard des autres disciplines : la pratique débute plus tard. « On prend uniquement les enfants à partir de 8 ans et à condition qu’ils sachent nager, sécurité oblige », insiste Muriel Mathon, responsable des jeunes. « Après, ça peut aller très vite moyennant un entraînement régulier. On arrive à se faire plaisir même sans avoir tout le bagage technique. Si naviguer seul peut paraître au départ un peu austère, on privilégie les formes ludiques d’apprentissage en faisant naviguer les enfants en équipage, sur différentes embarcations, en faisant du kayak polo…» La compétition ? « C’est bien souvent la suite logique. Dès les catégories jeunes, des courses en lignes, des slaloms… sont organisés dans la région. Là, on passe d’une pratique individuelle à une vraie émulation collective. »
 
 
     
   
   
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